Et si nous parlions de donation ? La fin de la « Kaasroute »… (1/2)

Et si nous parlions de donation ? La fin de la « Kaasroute »… (1/2)

Table ronde avec Me Valérie-Anne de Brauwere, avocate fiscaliste spécialisée en droit patrimonial et successoral au sein du cabinet THALES, et Frédéric de Haan, Managing Director au sein de la Compagnie d’assurance Vander Haeghen & C°.

Me Valérie-Anne de Brauwere

Me Valérie-Anne de Brauwere

Avocate fiscaliste spécialisée en droit patrimonial et successoral (Thalès)

Frédéric de Haan

Frédéric de Haan

Managing Director (Vander Haeghen & C°)

Est-il encore possible aujourd’hui d’éviter les droits de donation ?

 

De nos jours, un résident belge qui souhaite faire un don de certains avoirs mobiliers (comptes-titres, liquidités, œuvres d’art, contrats d’assurance-vie, titres de sociétés) devant un notaire belge doit s’acquitter des droits de donation (cf tableau).

Jusqu’à présent, une des façons d’éviter de devoir payer ces droits était d’emprunter la « Kaasroute » pour se rendre chez un notaire au Pays-Bas ou même un peu plus loin, en Suisse.

Cette route sera fermée à partir du 15 décembre 2020. Les actes de donation d’actifs mobiliers passés devant un notaire étranger devront désormais être enregistrés en Belgique et soumis aux droits de donation.

Est-ce que cela sonne le glas de la planification successorale « à la belge », à savoir la donation sans devoir en payer les droits ? Les Belges pourront-ils demain encore éviter les droits de donation ?

 

VAdB : « Oui, les droits de donation pourront encore être évités. Les dons manuels et les dons bancaires pourront toujours être réalisés sans payer les droits de donation.

Une donation manuelle se fait par transmission de la main à la main. C’est le cas, par exemple pour les œuvres d’art. Une donation indirecte se fait principalement par transfert bancaire d’un compte à l’autre et concerne essentiellement les liquidités ou les titres.

Dans les deux cas précités, c’est la transmission manuelle ou le virement bancaire qui constitue l’acte de transfert. Il est convenu que les parties confirment, dans une reconnaissance de donation, (également appelée pacte adjoint) que cette cession s’est faite dans une intention libérale (souhait de donner) de la part du donateur en faveur du donataire. »

FdH : « Nous recevons, depuis plusieurs années de nombreuses demandes de clients souhaitant organiser la donation d’une partie de leurs avoirs de manière efficace et de préférence sans payer de droits de donation. Ces derniers manifestent cependant légitimement le souhait d’avoir une « garantie » au cas où malheureusement ils devraient décéder dans la fatidique période de trois ans suivant cette donation. »

 

Quelles sont les conséquences fiscales si les droits de donation ne sont pas payés ?

 

VAdB : « Les parties peuvent décider de ne pas payer les droits de donation de 3% (cf tableau « droits de donation ») sur une donation indirecte ou manuelle. Néanmoins, s’ils ne paient pas ces droits de donation, et que le donateur décède dans les 3 ans, le donataire devra payer les droits de succession, qui peuvent monter jusque 30%. »

FDH : « Ainsi, sur une donation de 100, si le donateur ne paie pas les droits de donation de 3, il prend le risque que le donataire doive payer 30. »

VAdB : « Ces droits de succession montent même jusque 80% si le donateur et le donataire ne sont pas de la même famille, comme par exemple un filleul « non familial », un partenaire non-cohabitant, des amis, etc. (cf tableau « droits de succession »). »

Vous avez parlé d’une possible « Garantie » pour sécuriser cette Donation manuelle ou indirecte. En quoi consiste-t-elle ?

 

FdH : « C’est une garantie qui va couvrir le donataire en cas de décès du donateur dans les trois ans qui suivent ladite donation. Le but est ici de couvrir le montant correspondant aux droits de succession liés à la donation. Soit les 30 ou 80 dont nous avons parlé précédemment.

Nous proposons ainsi une formule permettant aux deux parties d’être tranquilles sans devoir payer des droits de donation calculés sur le montant de la donation mais plutôt une prime qui elle, est calculée sur les droits de succession liés à la donation, en cas de décès du donateur dans les trois ans. Cette formule sera toujours plus intéressante financièrement que de payer des droits de donation, à condition, toutefois que le donateur soit âgé de moins de 79 ans et soit en bonne santé au moment où il fait ce choix de donner. »

VAdB : « Si l’assurance permet de garantir aux parties la tranquillité de leur donation, des cabinets tel que le nôtre peuvent, bien entendu accompagner les parties pour définir au plus précis les montants qu’il convient de garantir auprès de l’assureur. »

Et si nous parlions de donation ? La fin de la « Kaasroute »… (1/2)

« Donation Cover », pour un don serein et sans surprise

De plus en plus de gens ont l’envie légitime d’aider financièrement des personnes qui leur sont chères en effectuant des donations. C’est dans ce contexte que VdH a lancé, il y a un peu plus de 5 ans déjà, l’assurance « Donation Cover ». Celle-ci couvre le montant des droits de succession et ce pour une prime largement moins élevée que les droits de donation à payer en cas de donation enregistrée auprès d’un notaire.

 

Quelles sont les règles générales en matière de donation et de droits de succession en Belgique ?

Si vous effectuez une donation et l’enregistrez, vous devrez vous acquitter de droits de donation.  Le montant de ces droits varie en fonction de la Région du pays, de la valeur des biens transmis et du lien de parenté entre le donateur et le donataire.

Un don (mobilier) manuel et donc non enregistré est toutefois également légal (une donation de bien immobilier doit, par contre, toujours être enregistrée). Vous ne payez alors pas de droits de donation. Cependant, si le donateur décède dans les 3 ans, il sera tenu compte de cette donation pour le calcul des droits de succession.

Pour éviter ces droits de succession en cas de décès du donateur dans les trois ans suivant la donation non enregistrée, la solution la plus avantageuse est l’assurance « Donation Cover » de VdH.

 

Quel est l’avantage de la « Donation Cover » de VdH ?

En cas de décès du donateur dans les 3 ans suivant la donation non enregistrée, cette assurance vous verse un capital permettant de payer les droits de succession réclamés. Si on considère en sus que la prime d’assurance est toujours moins élevée que les droits d’enregistrement de la même de donation, cette solution est idéale et sans risque.

 

Un exemple chiffré pour marquer l’avantage de la « Donation Cover » ?

Un homme de 60 ans, vivant en Flandre, fait une donation de 1.000.000 € à sa fille.

S’il enregistre la donation, des frais de 3% seront prélevés, soit 30.000 €.

S’il n’enregistre pas la donation et décède dans les 3 ans, le donataire devra payer des droits de succession qui s’élèvent à 222.000 €.

S’il souscrit l’assurance « Donation Cover », la prime unique (pour 3 ans) sera de 2.489,40€ (tarif non-fumeur).

 

Quelles seront, dans l’exemple ci-dessus, les formalités médicales à remplir pour souscrire à l’assurance « Donation Cover » ?

L’assuré devra effectuer quelques analyses médicales auprès du médecin de son choix. Et l’âge limite à la souscription pour cette garantie est de 79 ans.